Après la folie de Moncoutant, (4800 visiteurs...chapeau bas à l'équipe organisatrice!), je vous emmène pour un nouveau petit tour en Assam à la découverte de la soie muga.

 

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C'est une soie méconnue, très prisée en Inde où elle est symbole de richesse. Autrefois portée par les rois, elle est aujourd'hui portée par la haute société. Les costumes de fête traditionnels d'Assam sont également en soie muga.

 

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La soie muga fait partie des soies sauvages. En fait, la chenille est semi-domestiquée. On récolte des cocons dont on laisse sortir les papillons pour la reproduction en intérieur, et quand ils ont pondu et que les petites chenilles sont nées, on les remet dans la nature, dans des plantations de  "sum", arbre qui fournit leur nourriture et elles se débrouillent toutes seules pour se nourrir. Le travail d'élevage consiste à ramasser les chenilles qui sont par terre et à les remettre délicatement dans les branches de sum.

 

 

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Le papillon (antheraea assamensis) aussi bien que le sum sont endémiques à la vallée du Brahmapoutre. L'arbre particulièrement ne pousse pas ailleurs, ce qui fait de cette soie une soie rare.

Comme celui du bombyx le cocon est fait d'un fil continu. On peut donc le dévider et on obtient un fil très fin, naturellement doré, dont la couleur se renforce avec le temps, contrairement à beaucoup d'autres fibres qui ont tendance à pâlir en vieillissant.

 

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C'est une soie très solide, qui supporte le passage en machine à laver, ça vaut d'être signalé, et qui s'améliore en vieillissant (un peu comme moi, quoi! ).

Elle n'est pas encore très répandue en Europe, et de toutes façons elle ne sera jamais produite à une grande échelle et restera une soie rare, mais j'ai le projet d'en faire un fil à tricoter luxueux, en collaboration avec mes amis indiens, Dulal et Mohan.

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à gauche, Dulal, le roi de la muga, et à droite Mohan, le roi de la éri!